Lorsqu'on découvre l'histoire de Charlotte Salomon à travers le captivant roman-enquête-biographie de David Foenkinos, on s'attache forcément à cette jeune femme et l'envie d'en savoir plus sur son oeuvre se développe rapidement.

F71DE0F4-528C-40F7-89B5-50A2935828C5 Depuis que j´ai appris qu’une partie de ses peintures se trouvent au Musée de l’art de la Shoah, à Yad Vashem, j’attendais d’avoir un peu de temps sans limite pour m’y rendre. En arrivant un peu avant 10h, j’ai pu passer plus d’une heure dans ce petit espace consacré à ces artistes qui ont témoigné de leur sort dans le ghetto de Varsovie ou dans les camps de concentration, à travers la peinture et le dessin. Et je suis restée un long moment à contempler la vie de Charlotte Salomon lors de son séjour à la Villa de l’Ermitage de Nice, via ses tableaux, et un reportage ancien qui était parti sur ses traces dans cette ville, longtemps préservée des Nazis durant la Seconde Guerre Mondiale, mais pas suffisamment, puisque Charlotte fut arrêtée - comme Simone Veil ou Joseph Joffo - et déportée à Auschwitz en 1943, où elle fut gazée, enceinte, dès son arrivée.

5486C5B1-E5B2-4792-9C89-04ADB1183D4DLa durée de mon passage, sans doute inhabituelle, a dû surprendre, voire toucher, le gardien, qui m’avait accueillie avec un assez froid « no photo please », et qui m’a offert un immense sourire à la sortie, empli de reconnaissance me semble-t-il, m’a attrapé la main et l’a embrassée. Je lui ai répondu par le même sourire.