La nouvelle année 5779 vient de commencer et, avec elle, un mois de fêtes juives. Pendant les deux jours de fête de Rosh hashanah, les Juifs célèbrent le nouvel an et se rassemblent à la synagogue pour prier et demander pardon, en attendant le jour du jugement, Yom kippour.

Il y a quelques jours, mue par mes résolutions de dernière année à Jérusalem, j'ai demandé à ma copine locale, juive canadienne, K. H., avec qui je fais un échange français/anglais, si elle voulait bien m'emmener dans une synagogue. Oui, c'est la honte : après 3 ans passés ici, je n'avais pas encore mis les pieds dans un lieu de prière juif, mais à vrai dire c'est surtout parce que je ne voulais pas faire d'impair. K. me propose donc de profiter de Rosh hashanah pour découvrir ce nouvel univers. Lundi matin, nous voilà donc dans une première synagogue, réformée et progressiste, où le rabbin peut être une femme. C'est une salle carrée avec une grande glace au fond, qui est peut-être habituellement une salle de danse. Les femmes de l'assistance sont plutôt en robes fleuries et les hommes en chemises blanches couverts d'un talit, le traditionnel châle de prière, mais il n'y a pas de code vestimentaire à proprement parler. Les enfants jouent à l'extérieur. Différentes personnes se succèdent pour lire les passages de la Torah concernant Rosh hashanah, pendant que les membres de l'assistance suivent la lecture sur des livres depuis leur chaise. Des chants entrecoupent les lectures. K. jugent cependant que cette célébration ne correspond pas totalement à ce qu'elle attendait, ce n'est pas assez émouvant, on décide donc d'aller ailleurs.

On arrive alors dans un édifice qui ressemble davantage à un lieu spécifique de prière, la communauté est d'origine nord-américaine, progressiste également. Au centre, sur une sorte d'autel, une jeune femme et un jeune homme, habillés en blanc psalmodient les lectures. K. m'explique qu'ils ont été spécifiquement choisis pour leur voix. Je comprends mieux ici ce qu'elle recherchait, en effet le chant ajoute à la prière quelque chose de vibrant, de plus intense, et les gens communient en reprenant des sortes de refrains, rythmés par les mains des deux personnes centrales. Je ne comprends évidemment rien à ce qu'il se dit puisque tout est en hébreu, ma guide me donne régulièrement quelques explications, mais je n'ai, malgré tout, pas l'impression d'être exclue.On sent que les fidèles sont heureux de partager cette cérémonie. Après trois interventions du Chophar, corne de bélier dans laquelle quelqu'un souffle, c'est la fin de cette première matinée de prières.

K. me fait alors l'honneur de m'inviter à la table de sa belle-mère pour partager avec son compagnon, sa belle-soeur, son beau-frère et leur fils, un "Rosh hashanah lunch". Je suis très contente, et curieuse, de pouvoir accepter. Je suis accueillie les bras ouverts, comme si c'était complétement normal que quelqu'un arrive à l'improviste. Après une prière et une verre de vin levé, le profusion de plats s'offre à moi sur la table, mélange de plats de tradition séfarade et ashkénaze : de la viande, du poisson pimenté, des légumes farcis au riz, du pâté de foie, une mousse au chocolat en dessert... J'ai eu du mal à finir mon assiette ! Les conversations se font en anglais pour moi, c'est un défi mais je tiens le choc, jusqu'à ce que cela dérive sur la politique du pays et là, je préfère battre en retraite pour être sûre de ne pas dire quelque chose qui pourrait les importuner. Convivialité et partage furent les maîtres mots de ce repas.

Un grand merci K., pour cette journée inédite !

Aujourd'hui, les Musulmans célèbrent également leur nouvelle année.